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Inverser à nouveau le calendrier électoral ?
Certains
trouvent la campagne gonflante. Elle l’est. La question n’est plus « quelle majorité voulez-vous à l’Assemblée Nationale ? »
mais « pouvez-vous avoir l’obligeance de
confirmer que vous ne voulez pas changer le changement ? »
voire « pouvez-vous avoir l’obligeance de vous
déplacer jusqu’aux urnes pour ratifier l’équipe choisie par François Hollande
pour mettre en œuvre le changement ? »
J’ai eu un sentiment étrange, ce matin, celui que la droite
avait disparu. Cela devrait me faire plaisir mais j’ai besoin d’un adversaire
pour taper dessus. J’ai écouté deux journaux de France Info ce matin (7h et
7h30) puis lu en diagonale Le Parisien. Les principaux sujets de politique
concernaient le Parti Socialiste avec, d’une part, un focus sur La Rochelle et
la réaction de Ségolène Royal et, d’autre part, le « compte rendu »
du grand meeting de Paris du Parti Socialiste. Les autres sujets du jour
concernent directement le nouveau Gouvernement, avec la baisse du salaire des
patrons du public et les annonces de Vincent Peillon relatives aux vacances
scolaires.
Dans le métro, j’ai lu, toujours en diagonale, 20minutes. Un
vague article était bien consacré à l’UMP, mais à propos de bisbilles entre
Alain Juppé et je ne sais plus qui.
De fait, 20minutes
revient sur ce qu’il faudrait faire pour que cette élection intéresse plus les
gens. Une première annonce avait été faite dimanche par François Hollande (ou
son entourage) puis confirmée par Jean-Marc Ayrault, ce matin. Le Premier
Ministre estime qu’il faut raccourcir le délai entre la Présidentielle et les
législatives. Alain Vidalies, Ministre délégué aux relations avec le Parlement
pense qu’il faudrait deux semaines entre le second tour de la Présidentielle et
le premier tour de l’autre.
D’autres, comme Noël Mamère pense qu’il faut coupler les
deux élections, ce que je disais moi-même récemment dans un autre blog. Du côté
de l’UMP, un spécialiste pense que « L’idéal
serait de faire le premier tour des législatives le dimanche du second tour de
la présidentielle. »
En fait, si on veut que l’élection législative reprenne de l’importance
et permette de décider quels députés choisiront la politique de la Nation qui
sera conduite par le Premier Ministre, selon le rôle qui lui est donné par la
Constitution, il faudrait ne pas coupler les élections, un peu comme aux Etats-Unis,
le seul autre grand pays avec la Russie où le rôle du Président de la
République est important.
Notre Constitution
est claire. « Le Gouvernement détermine et
conduit la politique de la Nation. » « Le Parlement vote la loi. Il contrôle l’action du Gouvernement. Il évalue
les politiques publiques. » « Le
Président de la République veille au respect de la Constitution. Il assure, par
son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la
continuité de l’État. Il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité
du territoire et du respect des traités. »
L’élection législative devrait donc être plus importante que
l’élection Présidentielle.
Je propose de modifier la Constitution pour, d’une part,
supprimer le droit de dissolution et, d’autre part, déterminer la date de la
Présidentielle pour qu’elle est lieu « bien après » les législatives,
par exemple en octobre suivant.
Qu’en penses-tu ?
Chirac et Jospin avaient fait en sorte que les deux scrutins se suivent. On a vu le bordel en 2002. En 2007, la campagne s'est faite sur les personnes de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy (rejet de l'un, enthousiasme pour l'autre). En 2012, sans vouloir fâcher mes camarades, elle a été largement orientée sur le rejet de Nicolas Sarkozy (et de tout ce qui va avec). Depuis que je suis en âge de m'intéresser à cette élection (1981), on ne peut que constater le même phénomène dès lors que des législatives suivaient des Présidentielles (ce qui était le cas en 81 et 88, puisqu'on savait que Mitterrand allait dissoudre...). A la limite, seule l'élection de 1995 a été normale mais on a élu comme Président, un gars qui n'a pas fait 20% au premier tour... et qui a fait une dissolution délirante.
N'est-il pas temps de cesser les frais ? Ne peut-on pas axer les élections vers un projet pour la France et arrêter de se battre pour éjecter la personne la plus détestée ?


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