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On m’apprend qu’Edouard
Leclerc est mort aujourd’hui. J’imagine que peu de blogs politiques vont
lui rendre hommage alors je me dévoue comme si une mission divine m’était
affectée.
Pour un Breton qui habite à côté d’un Leclerc en région
Parisienne, Leclerc représente beaucoup. Je viens de calculer que j’étais passé
environ 12000 fois devant le supermarché en bas de chez moi. Je suis
probablement rentré à l’intérieur plus de 400 fois. Il faut dire qu’à une
époque, je faisais plus souvent mes courses chez Carrefour à Belle-Epine ou à
Villejuif. Une tradition que j’avais depuis longtemps : faire mes courses
le vendredi matin. Je les fais maintenant chez Leclerc et parfois chez Auchan,
à 300 mètres, mais ce ne sont ni Edouard Auchan ni Edouard Carrefour qui sont
morts aujourd’hui.
Ne versons pas de larmes de crocodiles : je ne connais
pas Edouard Leclerc personnellement mais je ne comprends pas comment j’ai pu
ignorer pendant des années que le supermarché en bas de chez moi était le moins
cher du coin. Je n’y allais plus parce qu’à une époque, ils n’avaient jamais de
rasoir Gilette deux lames ce qui m’obligeait à aller chez l’Arabe du coin, très
sympathique, mais un peu cher. Je n’ai jamais compris pourquoi, à une époque,
Leclerc était fâché avec Gilette. Vous ne vous rendez pas compte parce que,
maintenant, on utilise souvent des rasoirs à 3 voire 5 lames, ce qui est trop,
il faut bien le reconnaître. C’est mon côté réactionnaire : je n’aime pas
certaines évolutions de la société. Un de ces jours, on va se retrouver avec
des rasoirs à 10 voire à 20 lames et on aura l’air con.
Edouard Leclerc est né à Landerneau, qu’on appelait « Was
ist das ? » pendant la dernière guerre. Il est mort à Saint-Divy. Il
a ouvert son premier magasin en 1949, après cette guerre, donc, à Landerneau
pour que cette ville prenne une meilleure réputation.
C’était une petite épicerie, 13 rue des Capucins. A l’époque,
les rasoirs à deux lames n’existaient pas pour satisfaire les gros frisés du bistro
du coin. Au départ, il ne vendait que des biscuits puis il a progressivement
élargi son activité. Je ne sais pas quand il a commencé à vendre des rasoirs.
En 1953, ça marchait tellement qu’il a ouvert un magasin
plus grand Rue Bélérit. La suite est disponible sur Wikipedia. A
ma connaissance, il était à la retraite depuis 2005.
Son fils, qui l’a remplacé, est aussi un blogueur. Je ne
sais pas s’il est bien classé au classement Ebuzzing des blogs tenus par le
fils du fondateur d’une chaîne de distribution.
Mes amitiés à la famille et aux amis.


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