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Un jeudi, des annonces. Une autre France se dessine ?
La journée d’hier a été très intense avec beaucoup d’annonces
de la part du gouvernement (et même au niveau Européen, avec « l’union bancaire », lancée par la zone euro). Jean-Marc Ayrault a transmis les lettres de cadrages au différents Ministres, expliquant les différentes
économies que devront faire chacun. J’évoquais hier les annonces de Manuel
Valls relatives à l’immigration. Mon confrère Juanpolic (ex Sarkofrance) revient
plus longuement dessus. Surtout Marylise Lebranchu a
tourné la page de la dévastatrice RGPP et confirmé l’annulation du « Conseiller
Territorial », au cours d’un entretien avec « Acteurs Publics ».
« Quel est le calendrier du nouvel acte de décentralisation
?
La première étape sera
l’abrogation du conseiller territorial. Ensuite, il faut passer au crible
toutes les dispositions de la loi de 2010 sur les collectivités et voir ce qui
ne rentre pas dans notre vision des choses. Nous avons engagé une concertation.
Nos décisions doivent marquer le retour de la confiance entre l’État et les
collectivités. La défiance crée le mépris, nous devions arrêter cette spirale
et redonner espoir aux élus locaux et aux fonctionnaires territoriaux. Le texte
sur la décentralisation sera donc prêt à l’automne, après les états généraux du
Sénat, qui s’achèveront en septembre. Je souhaite que ce projet de loi soit
examiné à la fin de l’année.
Quelles seront les compétences transférées et à quelles
collectivités ?
Un exemple : tout le monde est
d’accord pour affirmer que la compétence “économie” des régions soit renforcée.
Les conseils régionaux auront ainsi une mission plus clairement définie. Nous
comptons aussi sur la création de la banque publique d’investissement, avec la
possibilité donnée aux régions d’entrer au capital de certaines entreprises
innovantes ou en développement. Ce seront deux outils très importants. Nous
aurons à cœur d’étendre les compétences et de les clarifier. »
L’abrogation de la réforme territoriale me tient à cœur depuis
longtemps et j’en ai fait de nombreux billets à l’occasion des dernières
cantonales.
Je m’y suis particulièrement intéressé parce que j’habite un
fief du MRC où le Maire et son Premier adjoint sont conseillers régionaux, au cœur
d’un canton dont le Conseiller Général est communiste (dans un département qui
était le dernier géré par les communistes avant les dernières cantonales). Avec
le redécoupage électoral, j’aurais probablement « perdu » une partie,
voire tous « mes » élus.
C’est la première ineptie de cette réforme emblématique du
quinquennat Sarkozy. Il s’agissait de diminuer de plusieurs milliers le nombre
d’élus en France, comme si on pouvait améliorer la démocratie en diminuant le
nombre d’élus… Les raisons avancées étaient oiseuses mais peu importe aujourd’hui :
la réforme va être annulée.
Il est au moins amusant de constater que les élus UMP seront
les plus satisfaits de cette mesure de la gauche qui va réussir à leur
sauver à la louche un bon millier de postes.
Peu importent aussi les autres inepties de cette réforme.
Elle aurait renforcé le bipartisme (j’espère que les écolos et les cocos
remercieront les socialos…) et surtout la « recentralisation ».
A propos ! Cécile Duflot a fait des annonces cette
semaine au sujet du Grand Paris mais je n’ai pas vu de ligne claire et forte. Marylise
Lebranchu ou Jean-Marc Ayrault pourraient-ils nous confirmer les grandes
tendances, à savoir, pas nécessairement l’annulation de la loi, mais la
nécessaire gestion des transports de la région par le STIF et pas par l’Etat ?
Revenons sur les
propos de Marylise Lebranchu
Il
fallait sortir de la logique arithmétique qui prévalait pour l’organisation
des services de l’Etat et de l’organisation territoriale.
La
décentralisation est une priorité pour un état fort et des collectivités
fortes.
La
RGPP était une posture politique. Le seul but était de ne pas remplacer un
fonctionnaire sur deux sans se poser d’autres questions (quels
fonctionnaires, l’avenir du service public, …).
Les missions
qui relèvent de l’action publique seront discutées lors de la conférence
sociale de cet été.
Les
Conseils Régionaux auront plus de compétences en matière d’économie (Bercy
ne peut pas tout régenter ; d’ailleurs, le Ministre de la Fonction
Publique n’y est plus rattaché).
Les
agents du service public ne seront plus en permanence pointés du doigt.
Il
va falloir mettre de l’ordre dans les statuts, les rémunérations, …
Et maintenant…
Depuis quelques semaines, les imbéciles couinent, sur le
thème « gné gné gné ce sont 2 fonctionnaires
sur 3 que Hollande ne veut pas remplacer. » Il n’en est rien. La
logique arithmétique idiote est terminée. On va travailler pour avoir une
organisation des services publics des collectivités locales efficaces, au
service des citoyens, …
Les socialistes ne seront pas laxistes en matière d’immigration
mais la politique mise en place ne sera pas celle du chiffre. Le Sarkozysme
avait mis en place une politique avec pour seul un but un nombre de lascars à
expulser. C’est terminé.
Les orientations économiques de François Hollande sont validées
par d’éminents économistes (en gros, « les marchés » ne sont pas
tarés et savent que les politiques d’austérité retardent la reprise économique
et qu’une politique économique orientée uniquement pour faire baisser les taux
d’intérêt n’a aucun intérêt).
L’Europe change progressivement d’orientation (même s’il
faut bien reconnaître que faire bouger Madame Merkel n’est pas évident).
Les services publics seront renforcés, tout comme les collectivités territoriales.
Une autre France se
dessine. Sérieuse. Ca change.


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