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C'est de la faute à ceux d'avant !
« L’élément de langage au pouvoir du jour est de dire « c’est la faute à ceux d’avant ». Ceux d’avant utilisaient les mêmes éléments de langage », nous dit mon copain FalconHill, ce matin (entre autres), parlant du Gouvernement qui ne manque pas une occasion pour mettre toutes les difficultés que connaît le pays actuellement sur le dos de leurs prédécesseurs. Quel rapport avec la photo de Madame Chirac, me demanderez-vous ? Aucune, elle devait illustrer le billet que je devais faire ce matin suite à son passage sur Europe 1.FalconHill a raison ! Ca ne sert pas à grand-chose de se renvoyer les difficultés à la tronche, sans fin. Pourtant, il ne faut pas fermer les yeux, il ne faut pas oublier l’origine des problèmes. J’écoutais François Fillon sur RTL, dimanche. Il a dit plein de trucs intéressants mais je retiens deux passages.Le premier est ce moment où il a daté le début de la crise au début des années 80, « peut-être un peu avant » a-t-il rajouté (de mémoire). Pourtant, ce n’est pas un peu avant, ça date de 1973 ou de 1974. Si l’on regarde la courbe du chômageou celle de la dette, c’est flagrant. Pour la dette, la date communément admise est 1978 mais les déficitspublics ont bel et bien commencé à dériver vers 1973.On assimile ça, souvent, aux chocs pétroliers. A tort ou à raison, je m’en fous. Il se trouve que la politique monétaire a radicalement changé en 1973, date à laquelle le Ministre des Finances de l’évoque, Valéry Giscard d’Estaing, a fait passer une loi pour interdire à l’état d’emprunter à sa banque centrale (et donc de faire marcher la planche à billets…), règle reprise dans les traités fondateurs de l’Europe.Quelles qu’en soient les causes, nous allons prochainement fêter les 40 ans de la crise dans la quelle nous sommes englués et on ne m’ôtera pas de l’esprit qu’elle est liée à de mauvaises décisions de ceux qui nous gouvernent depuis. Madame Chirac est la bienvenue ici, finalement, puisque Jacques Chirac a été un des premiers Premier Ministre de cette crise…Le deuxième est ce moment où il a évoqué son projet politique. Ce dernier se résume en un point. En finir avec les 35 heures… Ca fait plus de dix ans qu’ils nous sortent ce thème. Ils sont été dix ans au pouvoir sans être capable de remettre en cause ces 35 heures tout en disant tout le temps qu’ils vont le faire.S’ils ne le font pas, c’est qu’il y a évidemment une raison. D’une part, les salariés ne seraient pas totalement réjouis, d’autant que ça revient à remettre en cause le paiement des heures supplémentaires 25% en plus. D’autre part, c’est une hérésie au niveau économique de faire travailler plus les gens quand il y a tant de gens au chômage. Ils vont finir par le reconnaître même si ça fait mal au cul quand on est à droite.Toujours est-il que le seul projet économique à droite est de remettre en cause les acquis sociaux refilés par les prédécesseurs en mettant tous les maux du monde sur des mesures qu’ils ont prises.Quand on est de droite, on peut reprocher beaucoup de choses au Gouvernement de gauche mais leur reprocher leur manque d’action en quatre mois (ce que ne fais pas mon copain FalconHill) est totalement grotesque.Il n’empêche que non seulement la gauche dit que c’est de la faute au Gouvernement précédent mais la gauche fait en sorte d’annuler différentes mesures prises par les précédents. Les mesures les plus emblématiques sont évidemment l’annulation de la hausse de la TVA et la refiscalisation des heures supplémentaires. Une des mesures qui me tient le plus à cœur est l’annulation de la réforme territorial qui ne visait qu’à diminuer le nombre d’élus donc le contrôle que peuvent avoir les électeurs sur cette espèce d’hydre qu’est l’état. Voilà que je vire libéral, moi. Je vais aller reprendre un café.Ainsi, la gauche a dit que la situation était due à ceux d’avant tout en étant revenu sur une partie des mesures qu’ils prétendent mauvaises, le tout au bout de quatre mois. La droite critique une mesure de la gauche, les 35 heures, mais a eu tout son temps pour les annuler et elle n’a rien fait.Cela étant, si on fait le bilan de l’action des gouvernements au cours des 40 dernières années, on trouvera de positif pour la droite la légalisation de l’IVG qui date du début de cette période mais aucune mesure sociale ou économique favorable. Par contre, je vous laisse chercher des mesures positives de la gauche et vous en trouverez facilement des dizaines, comme la diminution globale du temps de travail, la possibilité qu’ont les pauvres de se soigner, voire de vivre, …La gauche a accompagné le progrès technologique des 40 dernières années alors que la droite nous a enfoncés dans le mur.Je reconnais que ce billet n’est pas spécialement objectif et qu’on pourrait se rejeter les fautes les uns sur les autres assez longtemps. Pourtant, il faut bien constater que la droite était au pouvoir au début de la crise depuis longtemps et qu’elle l’a été pendant 25 ans au cours de ces 40 années. Il faut bien constater que la dette et le chômage ont le plus augmenté pendant les années où la droite était au pouvoir.En fermant les yeux sur les responsabilités du passé, on les ferme aussi sur le futur.On ne m’empêchera pas de penser qu’il y a des claques qui se perdent (pas à toi, le Faucon ! à toi, ce sont les bières qui se perdent !).Cela étant, je n'enlève pas le droit à la droite de critiquer les 35 heures. Mais elle n'a plus que ça à critiquer.Alors que nous avons de lourds dossiers...


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