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La mémoire de Jean-François Copé
Je suis en retard, ce matin. C’est de la faute à
Jean-François Copé : il était interviewé sur France Info à 8h15, ce matin,
et je suis resté scotché devant mon poste. Du coup, je suis tombé sur un
incident sur la ligne 10 et de fil en aiguille me voila à 9h30 à faire mon
billet.
Ce qui a retenu mon attention, c’est quand il a commencé à
critiquer les socialistes qui mettaient sur le dos de Nicolas Sarkozy les suppressions
d’emplois chez PSA et la fermeture de l’usine d’Aulnay. Des dirigeants socialos auraient
affirmé que Nicolas Sarkozy et Xavier Bertrand auraient incité des entreprises
à repousser après les élections quelques plans sociaux. Les propos de Monsieur
Copé ressemblaient à ceci dans mon cerveau endormi : « Non mais hé ho ! Il faudrait laisser Nicolas Sarkozy,
les socialistes ont gagné les élections, il faudrait qu’ils assument,
maintenant, il faut laisser Nicolas Sarkozy, hein ! ». Un peu
plus, il aurait dit « Il faudrait que les
socialistes assument la mauvaise gestion voire les tricheries du gouvernement
précédent. »
Après le patron de l’UMP s’en est pris à François Chérèque.
Je ne sais pas ce qu’a dit exactement le patron de la CFDT, a priori qu’il
était content de la « conférence sociale » parce qu’il n’y avait pas
eu de dialogue social pendant les cinq années précédentes…
Evidemment, ça a déplu à Monsieur Copé qui a dit que
Monsieur Chérèque n’avait pas de mémoire et a rappelé ce qu’avait fait l’UMP en
matière de dialogue social et tout ça.
La mémoire de François Chérèque…
Et celle de Jean-François Copé ?
Il ne fait pas que papoter à la radio, il donne aussi des
interviews dans des journaux sérieux. Hier, c’était dans les
Echos. Monsieur Copé venait enfin critiquer « la conférence
sociale » après avoir laissé parler quelques seconds couteaux. Sa mauvaise
analyse de la situation est édifiante, notamment dans un journal réputé sérieux.
On peut le laisser faire de la communication au journal de
20 heures (ou à 8h15 sur France Info !) et débiter des éléments de langage
pour tenter de les faire rentrer dans le crâne des braves gens mais je suppose
que les gens qui prennent la peine de lire les Echos ont la capacité à analyser
les propos d’un leader politique en matière d’économie.
C’est édifiant, disais-je.
Qu’il dénonce les augmentations d’impôts (à propos de la
CSG) alors que le parti dont il est le chef a eu parmi ses dernières décisions
celle d’augmenter la TVA est amusant naturel… Par contre, le reste…
Un extrait (lisez le tout avant de dire que je retire du
contexte, mécréants !) : « Comparer
les sessions parlementaires en 2007 et aujourd'hui est à ce titre édifiant. Il
y a cinq ans, nous avions multiplié les réformes. Là, la pauvreté de la session
parlementaire saute aux yeux. Un collectif budgétaire truffé d'augmentations
d'impôts et sans une seule économie. »
Il aurait oublié ? La plupart des mesures prises en
début du mandat de Nicolas Sarkozy ont été supprimées ou atténuées par la suite
(notamment les déductions fiscales pour un achat immobilier et le bouclier
fiscal) et la seule vraie mesure qui reste, la défiscalisation des heures
supplémentaires, est considérées comme une vaste connerie par la plupart des
braves gens avec un peu de bon sens, dont une majorité d’économiste.
« Un collectif budgétaire
truffé d'augmentations d'impôts et sans une seule économie. »
Faut-il lui rappeler que les premières mesures du « gouvernement Sarkozy »
en 2007 ont été de diminuer les recettes fiscales, aboutissant, pour partie, à
la situation financière que l’on connaît, grevant le budget de manière
dramatique avant même que l’on rentre dans une crise économique délirante.
Faut-il rappeler à Jean-François Copé qu’il est entré dans
un gouvernement en 2002 alors que la situation du pays était à peu près saine,
avec des comptes de l’Etat dans les clous des critères de Maastrich et un chômage
relativement faible même si une « première » crise économique
commençait des ravages. Faut-il lui rappeler qu’il a occupé différentes
positions ministérielles avant de devenir Président du principal groupe de la
majorité à l’Assemblée, avant de devenir le patron du grand parti de la
majorité de l’époque ?
La mémoire…


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