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J’avais une furieuse envie de faire un billet à propos de
Roselyne Bachelot. Je ne sais pas si c’est grave et si je dois consulter. Du
coup, j’ai tapé « Roselyne Bachelot » dans Google News. On n’est pas
nombreux en ces temps troublés. Et je suis tombé sur cet article de 20minutes. Je me suis alors rappelé que je l’ai lu ce matin dans
le métro où j’ai fait plein d’autres trucs. Je suis bien content : je sais maintenant
pourquoi je pense à Madame Bachelot. Je suis rassuré.
L’ancienne Ministre de l’Achat en masse des vaccins inutiles
sort un livre et est interviewée par ce canard. Des parties ont attiré mon
attention.
A propos des erreurs de Nicolas Sarkozy : « Les erreurs qui l’ont empêché de gagner étaient évitables.
Il a été de loin le meilleur leader européen sur la gestion de la crise. Mais
ses adversaires l’ont attaqué sur le Fouquet’s, le bling-bling... Nicolas
Sarkozy a été son pire ennemi. »
Cette phrase est étrange. On ne sait pas si les adversaires
sont vraiment critiqués. Elle a raison : Nicolas Sarkozy a été son pire
ennemi. Mais s’il s’est grillé auprès des électeurs, on ne peut pas dire que c’est
de la faute de ses adversaires.
Il n’a pas été le meilleur leader européen sur la gestion de
la crise. Il a suivi Madame Merkel et on a perdu un A, ce qui n’est pas arrivé
à tout le monde. Les adversaires ont aussi parlé de fond. C’est Nicolas Sarkozy
qui a communiqué en décembre sur la nécessité de garder ce A et qu’il était un
rempart et tout ça. S’il a échoué, ce n’est pas mon problème…
C’est bizarre cette manière de dire du mal et du bien dans
la même phrase.
A propos de la campagne : « On est passé à côté de la campagne. La stratégie droitière
était une erreur sur le fond et sur la forme. Les résultats de la présidentielle
puis des législatives l’ont démontré. »
Mesdames, Messieurs, j’ai le plaisir de vous informer que je
suis en parfait accord avec Madame Bachelot. C’est dommage qu’elle prenne sa
retraite.
Je suis aussi d’accord avec la suite de ce qu’elle dit, à
propos des anciens conseillers de Nicolas Sarkozy, comme Claude Guéant, Patrick
Buisson et Emmanuelle Mignon : « Ces gens-là
ne connaissent pas la vie politique. Ils ne vont jamais sur le terrain ni voir
un électeur. J’ai constaté que le président a été isolé du terrain et de ses
ministres. »
Je pense effectivement que certains barrages ont empêché,
très tôt, Nicolas Sarkozy de se rendre compte de l’esprit des électeurs…
Elle dit à peu près la même chose à propos de Rama Yade et
de Rachida Dati : « La politique n’est pas
un métier mais elle doit être exercée de manière professionnelle. Il faut de l’expérience
que l’on acquiert par l’exercice de mandats électifs. »
Pour une partie du reste, par contre, elle commet une lourde
erreur : « Jean-Pierre Raffarin et Jean-Louis
Borloo nous ont mis un coup de poignard dans le dos en affirmant que le
gouvernement ne menait pas de politique sociale, alors que nous avons préservé et
amélioré notre modèle social. Réclamer un tournant social était un déni de réalité. »
MM. Raffarin et Borloo ont eu parfaitement raison.
D’une part, il faut arrêter de vouloir faire croire à
quiconque que le modèle social a été amélioré alors que l’hôpital est dans un
état catastrophique, tout comme l’école, que le chômage a explosé, que l’âge de
la retraite a reculé, que les finances publiques sont mortes, …
D’autre part, Madame Bachelot critiquait, en début d’interview,
le virage à droite de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy aurait du communiquer avec
une couche plus sociale dès lors que le débat autour de l’Islam s’est avéré être
un bourbier pour l’UMP. Ceci aurait nécessité de changer de Premier Ministre.
Mais Madame Bachelot va : « faire campagne
pour François Fillon à la présidence de l’UMP. »
On a les contradictions qu’on mérite.
En tant que chef de la majorité, François Fillon est un des
premiers responsables du fiasco. S’il n’était pas d’accord avec la campagne
menée et donc la politique suivie, il n’avait qu’à démissionner.
C’est amusant de penser que si j’ai encore un fond de
sympathie pour François Fillon, c’est parce qu’il est le meilleur barrage
contre son principal rival, Jean-François Copé.
Je vais donc être indulgent avec Madame Bachelot, d’autant
que j’ai trouvé un titre rigolo pour ce billet.


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