/http%3A%2F%2F2.bp.blogspot.com%2F-tUzUkvf777I%2FUEcDb6aHGxI%2FAAAAAAAADpE%2FsP7LStQJreQ%2Fs320%2FRenoir_Dejeuner_01.jpg)
J’ai horreur que l’on critique mes pratiques au bistro. Je
suis un professionnel : un débutant, même âgé, devrait retourner sept fois
sa langue dans sa bouche avant de me faire la moindre remarque sinon je fais un
billet de blog qu’il vous faudra lire. C’est pourtant ce qu’a fait Kalondour
dans les commentaires ici et là. Je vous
passe le deuxième qui mériterait un procès en diffamation. Je retiens le
premier (voir des extraits ci-dessous). C’était suite à mon billet où j’expliquais avoir envoyé chier une « vieille
blonde » qui n’arrêtait pas de parler.
Il mériterait une réponse détaillée mais je vais m’attacher
à quelques aspects…
« Un bistrot c'est quoi pour
toi ? Est-ce un lieu où on vient s'alcooliser consciencieusement tout seul en
ruminant sa solitude ? Ou est-ce un lieu où dans sa solitude, on arrive à parler
alors qu'on n’aura jamais vu personne dans la journée ? Ou les deux à la fois ? »
La question pourrait être
pertinente sauf que je ne mets jamais de « t » à bistro sinon, ça ne
peut plus être le diminutif de bistroquet mais ça se discute. Elle serait
néanmoins plus pertinente si ce n’était pas l’objet de la plus idiote
psychologie de comptoir conduite par l’incompétent qui essaie d’expliquer le « fonctionnement
humain » alors que ça ne le regarde absolument pas.
Pire, il l’essaie de l’expliquer
par ses propres pratiques en essayant de généraliser sa propre situation. Voir
ci-dessous. Ce qu’il y a de rigolo c’est qu’il commence (outre la faute de
français, on ne dit pas « en ce qui me concerne » mais « pour ce
qui me concerne », je sais, je suis chiant et je ne devrais pas lui jeter
la pierre) par avouer sa propre pochetronnerie pour se mettre bien avec le
taulier.
« En ce qui me concerne, je vais dans mes bistrots préférés,
certes pour boire un coup car je ne crache pas dessus, mais surtout pour échanger
avec les gens que je connais et surtout avec les gens que je ne connais pas...et
qu'ils soient hommes ou femmes ne m'interpelle pas dans mon vécu...Même si le
mec ou la nana ont un coup dans le pif ! »
Pour ma part, je ne vais pas
échanger (quoi ?) avec des gens que je ne connais pas et dont je n’ai rien
à cirer. Certes, il m’arrive de rencontrer des gens intéressants et de passer
des moments intéressants avec des « ex-inconnus » mais ce n’est
certainement pas pour ça que je vais au bistro.
En outre, j’ai horreur de discuter
avec gens bourrés, ça n’a strictement aucun intérêt si on est soi-même à jeun
sauf si le lascar est très drôle. En outre, et à mon tour de faire de la
psychologie de comptoir, j’aime cent fois mieux discuter avec un mec bourré qu’avec
une nana du même métal : il n’y a rien de plus pénible qu’une femme saoule
surtout si elle est réellement alcoolique (une femme pompette qui boit
occasionnellement ou rarement est souvent très drôle, par contre).
« Il est vrai aussi que rien ne m'agacerai le plus au monde
que de voir un jeune con au comptoir de mon bistrot préféré, faire abstraction
de la convivialité ambiante en manipulant sa quincaillerie informatique dont
aucune personne présente n'en a rien à foutre ! »
Nous sommes arrivés au pire
passage. Que peut-il en avoir à foutre de ce que font les autres au bistro s’ils
ne font pas de bruit (et ne puent pas) ? De quoi il se mêle ? Voila
le lascar qui voudrait que tout le monde soit comme lui.
Il me rappelle le vieux Jacques
qui voudrait que tout le monde soit de la même humeur que lui, que les gens
rigolent quand il est de bonne humeur ou qu’ils se plongent dans les mots
croisés quand il est d’humeur morose.
Le terme « convivialité »
devrait être rayé de la langue française. Il est employé par gens qui veulent
se forcer à être de bonne humeur mais surtout forcer les autres à passer ce qu’il
va définir comme étant un bon moment sans même se poser la question de savoir
si le bon moment n’est pas uniquement pour lui. Un terme qui s’applique
probablement aux pires égoïstes !
« Désolé, mais je pense que nous ne fréquentons pas les mêmes
bistrots... »
Tant mieux. Il n’y a rien de pire
que de recevoir des leçons de morale d’un type qu’on ne connaît pas et qui s’occupe
visiblement de ce qui ne le regarde pas.
J’aspire à ce qu’on me foute la
paix. Mais je vais rassurer le lascar : si je n’aimais pas les gens, je n’irais
pas au bistro ! Si je n’aimais pas rigoler avec les copains, je resterais
cloitré chez moi, je n’organiserais pas des rencontres de blogueurs, je n’enverrais
pas des SMS aux potes pour organiser des rendez-vous.
Je ne vais pas au bistro parce que
j’ai décidé de passer un bon moment, j’y vais parce que j’aime ça, depuis
toujours. Je suis une sorte de professionnel du comptoir (mais de l’autre côté
par rapport au serveur ou au patron).
Je vais ajouter un détail :
si j’ai souvent la tête dans mon iPhone c’est parce que je traine dans les
réseaux sociaux (essentiellement blogs et Twitter). Qu’on ne vienne pas me dire
que je suis asocial !
L’asocial est celui qui vient dans
les bistros parce qu’il n’arrive pas à établir des contacts avec d’autres
humains, parce qu’il a besoin de parler et qu’il le fait avec des inconnus, les
oubliant dès qu’il a franchi la porte de l’Etablissement. Le type qui a besoin
de se faire des amis pour le temps que dure la descente d’une ou plusieurs
consommations… A pleurer.
Il ferait peut-être mieux de
réfléchir à sa propre vie avant de donner des leçons aux autres.


Commenter cet article