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Entre l'axe du bien et la digue qui craque
Ce qu’il y a de bien quand on gagne une élection, c’est qu’on
peut se moquer de ceux qui ont perdu et leur donner des conseils… Ils auront du
mal à démontrer qu’on a tort.
Mon pote Mathieu Le Privilégié revient ce matin sur l’échec du Front de Gauche. Tout d’abord
cet échec est relatif. Certes Jean-Luc Mélenchon a pris une baffe et le nombre
de députés communistes va baisser mais le score aux législatives n’avait pas
été aussi élevé depuis 1997.
Dans son billet, Mathieu laisse entendre que le Front de
Gauche n’est pas responsable de la montée du Front National. C’est une vieille
rengaine depuis 30 ans. La droite a accusé Mitterrand d’avoir faire monter le
Front National. En fait, c’est toujours de la faute des autres. Pourtant,
aucune formation politique ne doit s’exonérer de sa propre responsabilité.
Outre le fait que le Front de Gauche a mis Marine Le Pen sur
le devant de la scène assurant sa publicité et même si la baisse du Parti
Communiste est constante depuis 40 ans (alors que la gauche est redevenue trois
fois majoritaire à l’Assemblée Nationale), la principale baisse du Parti
Communiste date de 1988. En 1981, le PCF avait 9% des sièges contre 4,.3 en
1988. Or, c’est au cours de cette période que le Front National a explosé (le
père Le Pen ayant fait 14% en 1988). Il me parait intéressant pour le Front de
Gauche de mieux observer cette période, non pas en tapant sur les socialos ou
la participation au gouvernement, mais l’évolution de ses propres thèmes de
campagne. L'axe du bien n'est pas toujours porteur.
Mais la droite m’intéresse plus, ce matin. La digue a craqué
comme on dit. L’UMP cumule des appels vers l’extrême droite. Tiens ! Même NKM a craqué, elle disait
encore récemment qu’elle appellerait à voter pour le sociolo en cas de duel
avec le FN, ce qui lui a valu une fatwa de Marine Le Pen. On a « tous »
entendu Nadine Morano, dimanche soir qui s’adressait aux électeurs du FN. Voila
Mme Grosskott
(de Maille ? Non. De Strasbourg) qui l’imite. D’après mes camarades
blogueurs, Jean-François Copé aurait franchi le pas.
Ca sent la panique à l’UMP, à nouveau ! Bientôt, Alain
Juppé va se lancer à son tour. Pour l’instant, il sert de caution propre à la
droite mais il pourrait chuter… Ah ? C’est fait ! Sur France
Inter, ce matin.
Ont-ils raisons ? Ont-ils tort ?
A droite,
on pense qu’ils ont raison, qu’ils doivent prendre leurs responsabilités.
J’aurais tendance à penser le contraire. On nous dit que
deux tiers des électeurs de l’UMP est favorable à un rapprochement avec le
Front National. C’est peut-être le cas mais l’UMP n’a plus beaucoup d’électeurs…
L’UMP et ses alliés ont fait 34%. Les deux tiers représentent environ 23% des
voix. Si on y ajouter les 13,6 du FN et en poussant un peu, on arrive à 40%
alors que le PS et ses alliés arrivent à 46% (le rapport de force est à peu
près le même – un peu moins bon, peut-être – pour la Présidentielle). Au cas
par cas, dans une circonscription, la stratégie peut être gagnante. L’UMP
arrivera peut-être à sauver une cinquantaine de sièges (personne ne peut le
savoir) mais n’aura pas la majorité à l’Assemblée Nationale.
Ca cogite sec dans les états-majors ! Je suppose qu’un
consultant avec une cravate à réussi à convaincre les cadres de l’UMP que les
alliances locales avec le FN sont nécessaires pour reconquérir des villes, des cantons
(donc des départements) et des régions. Il a parfaitement raison mais de toute
manière, la droite ne peut plus perdre d’échelons locaux : la gauche ne
pourra pas rester indéfiniment en tête partout…
Par contre, la droite risque d’avoir une longue traversée du
désert au niveau national…
Je souhaite bien du courage à mes potes du Parti Communiste
et à mes « ennemis » de l’UMP, même si la gauche n’est pas restée
majoritaire, au plan national, plus de 5 ans depuis très longtemps (voire
jamais, d’ailleurs).


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