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Foire d'emploigne et scandale à l'Assemblée
Ce matin, les médias ont mentionné les foires d’empoigne
qu’il y a eu cette nuit à l’Assemblée Nationale. Certains propos d'un député de gauche ont fait scandale et Christian Jacob a exigé des excuses. Il me parait important de replacer les propos dans le contexte, même si mon billet est un peu long (vous n'avez que mon billet à lire, les autres blogueurs gauchistes sont en vacances...).
Le compte rendu provisoire
de la séance vient d’être mis en
ligne. Du coup, comme ce matin, je vais vous en glisser une partie ici. Je ne vais
pas stigmatiser Christian Estrosi, pour une fois, mais Pierre Lelouche.
« M. Pierre Lellouche.
Souffrez, monsieur, qu’un de ceux que vous avez pris en flagrant délit de
keynésianisme prenne la parole. (Sourires sur les bancs des groupes UMP et
UDI.) J’ai appris tout à l’heure qu’il existait des moteurs à propulsion
négative : c’est décidément une soirée très riche en enseignements !
Monsieur le ministre… Mais je
vois que vous êtes en train de lire votre journal et je ne veux pas vous
déranger. Comme j’ai quelques kilomètres au compteur, j’ai vu Mme Aubry lire
des romans en séance publique pendant qu’elle nous infligeait les 35 heures. »
Si c’est pour entendre les députés d’opposition faire du remplissage, je la
comprends… Poursuivons les propos de M. Lellouche.
« Monsieur Cahuzac, la
vérité, c’est que vous refaites la loi des 35 heures. (Exclamations sur les
bancs des groupes écologiste, SRC, GDR et RRDP.) En effet, ce que nous avions
tenté de faire, c’est de contourner la durée légale du travail en permettant
aux gens de travailler plus pour gagner plus. Dès lors, bien sûr, on peut se
demander si nous n’aurions pas mieux fait de la supprimer totalement. C’est une
vraie question et je suis prêt à en débattre. (Mêmes mouvements.) »
Nous y voila : quand la droite n’est plus au pouvoir, elle propose de
supprimer la durée légale du travail (ce qui est une aberration, par ailleurs).
Poursuivons…
« Je suis heureux de vous
intéresser enfin et de vous réveiller, mes chers collègues de la majorité ! Ce
que vous voulez faire avec cet article 2, donc, c’est revenir strictement aux
35 heures. Tout ce qui dépasse coûtera au patron, à l’entreprise, mais aussi et
surtout aux ouvriers ! » Pure démagogie et mensonge ! Il n’est
pas interdit de dépasser les 35 heures. Toutes les heures sont fiscalisées
depuis « la nuit des temps » et les ouvriers continueront à avoir
leurs heures majorées.
Si l’opposition pouvait nous éviter ses analyses à la petite
semaine… Poursuivons.
« M. Yves Censi. Très bien ! »
Tiens ! Qu’est-ce qu’il vient nous interrompre, lui ? Poursuivons.
« M. Pierre Lellouche. En
dépit de votre grande intelligence, monsieur Cahuzac, vous refaites les mêmes
erreurs que Mme Aubry, en invoquant d’ailleurs les mêmes arguments, selon
lesquels les heures supplémentaires prennent le travail des autres – ce qui, en
termes économiques, constitue une bêtise gravissime ! » Heu,
non ! Cela étant, si on pouvait éviter de dire dans l’hémicycle que les
arguments des autres sont des bêtises… Poursuivons ! « Partout ailleurs, en Europe et dans le monde, on sait que
lorsqu’un système travaille, il crée de la richesse, à l’inverse de ce que vous
prétendez ! Vous devriez le savoir ! J’étais ici, en 1997, quand cette
aberration a été inventée. Et quinze ans plus tard, on y revient ! »
Oui. Et la situation économique mondiale est catastrophique. Le chômage a
rarement été aussi élevé et nous sommes au bord de l’effondrement… Poursuivons…
« Votre deuxième erreur est
une erreur politique remontant à cinq ans. En 2007, alors que vous étiez dans
l’opposition, vous n’aviez de cesse de critiquer le bouclier fiscal, et aviez
finalement réussi – n’est-ce pas, monsieur Le Roux – à nous coller les
étiquettes de « Président des riches » et de « gouvernement des riches ». (« Et
alors ? C’était vrai ! » sur les bancs du groupe SRC.) » Heu…
D’ailleurs, la majeure partie du bouclier fiscal a été supprimée par le
gouvernement qui l’a mis en place. Poursuivons…
« Savez-vous ce que vous
êtes en train de vous faire à vous-mêmes ? Vous êtes en train de vous coller
l’étiquette « majorité qui pique de l’argent aux pauvres » ! Vous êtes devenus
le parti des bobos, et ceux que vous voulez taxer ce soir, ce sont les ouvriers
et les petits employés ! (Exclamations sur les bancs des groupes SRC et
écologiste.) » Ah ? Et voulait augmenter la TVA pour tout le
monde, celle de ces ouvriers, bien sûr, mais aussi celle de ceux qui n’ont pas
la chance de pouvoir faire des heures supplémentaires, celle des retraités, des
chômeurs, des étudiants… ?
« Moi qui habite rue des
Martyrs, je peux vous dire que les bobos qui ont voté pour vous ne sont pas
concernés par les heures supplémentaires. En revanche, le commis boucher de
la rue des Martyrs, il en a besoin, lui, des 500 euros que vous voulez lui
prendre ! » Quels 500 euros ? « Vous avez abandonné les ouvriers pour devenir le parti des
bobos, des petits bourgeois ! (Mêmes mouvements.) Je les plains, les cocus de
la gauche ! (Applaudissements sur les
bancs des groupes UMP et UDI.) Mais croyez-moi : dans les cinq ans à venir, les
Français vont vous faire payer ce que vous êtes devenus ! Ils n’oublieront
pas que vous leur avez menti, que vous les avez faits cocus ! »
Je voulais signaler cette partie (entendue sur France Info
ce matin) car des propos qui ont été tenus en réponse auraient scandalisé des
députés UMP…
On va abandonner M. Lellouche, je vais juste citer deux
extraits de la fin de ses propos. « Vous allez
vous rendre responsables de centaines de milliers de chômeurs en plus, et d’une
aggravation du déficit du commerce extérieur. » Heu… Quand on voit
ce qui a été fait en 5 ans et en dix ans. « Je
prends date devant vous, mes chers collègues, et devant vous, monsieur le
ministre : n’oubliez pas ce que je vous ai dit ce soir ! (Applaudissements sur
les bancs des groupes UMP et UDI.) » Il peut prendre date si ça
l’amuse mais il peut aussi relire les avertissements des députés socialistes
J’en viens aux propos qui ont scandalisé… II s’agit
de ceux de François de Rugy, co président du groupe écolo.
« M. François de Rugy.
Monsieur le président, mes chers collègues, j’ai l’impression qu’en cette heure
tardive, nous avons droit au défilé des acteurs de l’UMP, des acteurs plus ou
moins bons, comme si M. Copé était revenu tout exprès parmi nous – c’est dire
si l’enjeu est de taille, car on ne le voyait plus tellement à l’Assemblée ces
derniers temps – pour organiser une espèce de Copé Comedy Club. (Applaudissements
sur de nombreux bancs des groupes SRC, écologiste et RRDP.) » Ah,
ça commence bien !
« Mme Marie-Christine
Dalloz. Il est où, Mamère ?
M. François de Rugy. On voit
ainsi défiler les anciens ministres – les meilleurs d’entre eux, bien sûr : M.
Woerth, M. Bertrand, M. Lellouche…
M. Xavier Bertrand. Fait
personnel !
M. François de Rugy. …qui
viennent nous expliquer comment l’économie fonctionne. C’est vrai qu’ils en
connaissent un rayon en matière de fonctionnement de l’économie : il n’y a
jamais eu autant de faillites d’entreprises en France, jamais autant de
délocalisations que lorsqu’ils étaient aux affaires ! Monsieur Lellouche,
ministre du commerce extérieur, il n’y a jamais eu plus de déficit que de votre
temps ! (Mêmes mouvements.) » Il n’a pas tort, je le disais
ci-dessus. M. Lellouche devrait tourner sept fois sa langue dans sa bouche.
« Dans tous les concours de
stand-up, il y a une blague qui revient sans arrêt : chez vous, c’est la blague
des 35 heures, et vous racontez la même depuis dix ans ! Mais les Français ont
bien compris que vous avez gouverné pendant dix ans, et que vous avez eu la
majorité à l’Assemblée nationale durant la même période, qui vient tout juste
de prendre fin – ce dont vous avez, semble-t-il, un peu de mal à prendre conscience.
Si les Français avaient souhaité que vous supprimiez définitivement les 35
heures, vous l’auriez fait ! Mais Jacques Chirac s’en est bien gardé lorsqu’il
était Président de la République : il ne fallait pas toucher à ce qu’il
considérait comme un acquis social ! » Et paf !
« M. François Rochebloine.
Eh oui ! Il a raison !
M. François de Rugy. Nicolas
Sarkozy n’y a pas touché non plus, craignant de se rendre impopulaire. Pourquoi
vouloir revenir sur cette histoire maintenant que vous êtes passés dans
l’opposition ? » Ben, c’est périodique. Poursuivons…
« Vous semblez redécouvrir
ce qu’est un ouvrier, un employé, voire un fonctionnaire. Vous voudriez vous
faire les hérauts de la fonction publique, ce qui ne va pas vraiment de soi,
pour des membres de l’UMP ! (Applaudissements sur les bancs des groupes
écologiste et SRC.)
Je pense que M. Woerth et M.
Bertrand, lorsqu’ils étaient respectivement trésorier et secrétaire général de
l’UMP, étaient beaucoup plus habitués, en tant que membres du premier cercle, à
ce qu’on leur parle de l’ISF et du bouclier fiscal que de la défiscalisation
des heures supplémentaires. (Applaudissements sur les bancs des groupes
écologiste, SRC et RRDP.) » Et paf ! Poursuivons, je crois
bien que c’est la suite qui a fait scandale, en plus du Copé Comedy Club, ci-dessus.
« Il est vrai qu’il y a
peut-être une exception en ce qui concerne les heures supplémentaires : M.
Copé, alors qu’il était à la fois député de Seine-et-Marne, maire de Meaux,
président d’une communauté d’agglomération et président du groupe UMP à l’Assemblée
nationale, trouvait encore le moyen de faire quelques


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