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A part sa propre satisfaction
après avoir pondu un texte, le blogueur a très peu d’élément pour juger de la « pertinence »
ou de la « qualité » d’un billet qu’il a fait. Dans un billet
d'hier, je disais que je me foutais du nombre de visites sur mes blogs.
C'est la stricte vérité.
Par exemple, le soir, il m'arrive tomber sur un tweet
crétin, d'en faire une copie d'écran et de la publier au comptoir avec un titre de type
"le crétin du jour". Un tel billet
va recevoir 4 ou 500 visites parce qu'il va amuser les gens dans twitter à une
heure plus ou moins tardive. Par contre, un billet travaillé comme le précédent aura au maximum 120 lecteurs. Plus précisément 120 personnes vont cliquer
pour ouvrir le billet mais, aussi bien, 100 vont sortir immédiatement, sans
lire. Je ne peux pas le savoir. Mais comme je ne peux pas savoir non plus le
nombre de gens qui lisent sans ouvrir le billet, je finis par m'en foutre
réellement.
C’est une des composantes du blogage que le blogueur qui
débute doit assimiler rapidement pour éviter toute désillusion.
De plus, mon activité principale dans les blogs tourne
autour de la politique. L'audience fluctue énormément selon l'actualité. Dans tous
les sens ! Par exemple, je parle ce matin de la nomination de Harlem Désir.
C'est un sujet dont tout le monde se fout mais des tonnes de blogs en parlent.
Objectivement, je ne vois pas pourquoi les gens cliqueraient chez moi.
Au fil du temps, on se construit d'autres critères plus ou
moins objectifs permettant de juger de l'évolution du blog, de la pertinence
des billets pour le public mais, un jour, ils finissent tous par tomber. À un
moment, je comptais le nombre de backtweets de mes billets mais, maintenant,
des tas de copains ont pris des applications qui backtweetent automatiquement.
Non seulement je ne sais pas si le billet leur ont plu mais je ne sais pas, non
plus, s’ils l’ont lu…
Il n'y a donc rien de satisfaisant pour évaluer un blog qui
de toute manière évolue mécaniquement et reçoit une grande partie de ses
visiteurs de Google pour des sujets dont ils ne parlent pas.
Il n'empêche qu’il y a des gros moments de frustration.
La plus belle illustration vient des billets bistros de mon
blog bistro. Qu'il s'agisse d'anecdotes de comptoir ou "de fond",
chaque lecteur assidu saura que ce sont ces billets qui me tiennent le plus au
cœur. Ce qu'ils ne savent probablement pas, par contre, c'est que ce sont souvent
les plus travaillés.
Il y a évidemment des billets
dont je n'ai que faire. Pour tout vous avouer, ce midi j'ai décidé d'aller
manger dans un bistro et de rédiger ce billet du comptoir avec l'iPhone. Pour
illustrer mes propos, je voulais citer un billet sans fond. Du coup, j'ai
repensé à une anecdote d'hier soir et du même comptoir, je l'ai racontée.
Il est à peu près évident que comme je parle de bite dans le
titre et qu'il est vaguement rigolo, j'aurai entre deux à cinq fois de visites
que pour mon récent billet où je parlais des copains de bistro qui avaient disparu de ma
vie.
Devinez lequel est travaillé, celui qui m'a fait sortir
mes tripes, celui qui me tient à cœur.
Bloguer est ingrat.


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